Olivier Malaponti | |
Témoignages de donateurs
Donner oui mais comment ? Rencontre avec deux donateurs qui ont des visions bien différentes du don. Lequel êtes-vous ?
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Georges : un donateur fidèle
« Nous sommes deux vieux schnocks de 90 ans qui nous préoccupons de la faim et de la misère dans le monde. En vieillissant, on fait de la sensiblerie : peut-être que nous essayons d'avoir bonne conscience ! » Sarcastique et caustique, Georges. Sa femme et lui ont pas mal bourlingué, vécu dans plusieurs pays d'Afrique. Aujourd'hui, ils sont retraités de l'Education nationale ; des dons d'argent, ils en effectuent depuis une dizaine d'années : « 300 euros environ chaque année. Avec notre retraite, nous estimons que nous devons aider les gens. » Des justificatifs de dons, « j'en ai un paquet comme ça sur mon bureau ! », s'exclame-t-il en écartant son pouce et son index, comme pour montrer la largesse de sa générosité. « Nous les envoyons [à l'administration fiscale] et les faisons déduire de notre feuille d'impôts. » Leur premier don, « ça a été lorsque nous avons visité un village de lépreux en Côte d'Ivoire. Nous avons été sensibilisés aux ravages de cette maladie. » Depuis, ils multiplient les dons aux associations : une dizaine en tout,Médecins du Monde, Action contre la faim, Le Secours populaire, Raoul-Follereau, Villages d'Enfants, les orphelins de Roumanie, les orphelins de la Police. « Nous faisons partie des gens qui ont une certaine sensibilité, dit-il, les yeux rieurs, en se tournant vers son épouse, et, lorsque nous voyons la richesse dans nos pays et la misère ailleurs, nous ne comprenons pas que ça puisse exister ! »
Déçue par le scandale de l'ARC, Carole donne dans la rue
Carole a 28 ans. Elle occupe le poste d'iconographe dans une grande entreprise de renommée internationale. Sa générosité, elle l'exerce « généralement dans mon quartier, avec les mêmes personnes que je vois depuis plusieurs années dans la rue. Je ne donne pas souvent, poursuit-elle, mais, quand je donne, c'est plus : 2 ou 3 euros par personne, une dizaine d'euros par mois ». Pourtant, interrogative, elle concède : « Je ne sais pas si ce que je donne les aide mais c'est ma contribution. » Avant, Carole faisait des dons aux associations. « Le scandale de l'ARC m'a dégoûtée. Alors, j'ai arrêté de donner aux associations. En donnant dans la rue, j'ai l'impression que c'est plus direct. Dans une association, je ne sais pas où va l'argent. » Malgré cela, elle pense « redonner à des associations. Maintenant que je gagne bien ma vie, je peux le faire plus facilement qu'avant : je vais me faire un budget don ». Le dispositif fiscal qui permet de déduire de ses impôts une part de ses dons, Carole affirme ne pas savoir exactement comment ça fonctionne, mais elle a entendu ses parents en parler. « Ce système est incitatif, à mon sens. Je vais me renseigner auprès de l'association à laquelle je vais donner. » Des vêtements ou de la nourriture, elle en donne aussi, « aux mêmes, dans la rue, et, lorsqu'il y a la collecte de la banque alimentaire, j'achète des aliments pour les enfants. Donner fait partie de ma culture, confie-t-elle. J'ai appris ça toute petite : il faut aider les gens qui ont moins que toi. Le partage, c'est une valeur importante ».
« Nous sommes deux vieux schnocks de 90 ans qui nous préoccupons de la faim et de la misère dans le monde. En vieillissant, on fait de la sensiblerie : peut-être que nous essayons d'avoir bonne conscience ! » Sarcastique et caustique, Georges. Sa femme et lui ont pas mal bourlingué, vécu dans plusieurs pays d'Afrique. Aujourd'hui, ils sont retraités de l'Education nationale ; des dons d'argent, ils en effectuent depuis une dizaine d'années : « 300 euros environ chaque année. Avec notre retraite, nous estimons que nous devons aider les gens. » Des justificatifs de dons, « j'en ai un paquet comme ça sur mon bureau ! », s'exclame-t-il en écartant son pouce et son index, comme pour montrer la largesse de sa générosité. « Nous les envoyons [à l'administration fiscale] et les faisons déduire de notre feuille d'impôts. » Leur premier don, « ça a été lorsque nous avons visité un village de lépreux en Côte d'Ivoire. Nous avons été sensibilisés aux ravages de cette maladie. » Depuis, ils multiplient les dons aux associations : une dizaine en tout,Médecins du Monde, Action contre la faim, Le Secours populaire, Raoul-Follereau, Villages d'Enfants, les orphelins de Roumanie, les orphelins de la Police. « Nous faisons partie des gens qui ont une certaine sensibilité, dit-il, les yeux rieurs, en se tournant vers son épouse, et, lorsque nous voyons la richesse dans nos pays et la misère ailleurs, nous ne comprenons pas que ça puisse exister ! »
Déçue par le scandale de l'ARC, Carole donne dans la rue
Carole a 28 ans. Elle occupe le poste d'iconographe dans une grande entreprise de renommée internationale. Sa générosité, elle l'exerce « généralement dans mon quartier, avec les mêmes personnes que je vois depuis plusieurs années dans la rue. Je ne donne pas souvent, poursuit-elle, mais, quand je donne, c'est plus : 2 ou 3 euros par personne, une dizaine d'euros par mois ». Pourtant, interrogative, elle concède : « Je ne sais pas si ce que je donne les aide mais c'est ma contribution. » Avant, Carole faisait des dons aux associations. « Le scandale de l'ARC m'a dégoûtée. Alors, j'ai arrêté de donner aux associations. En donnant dans la rue, j'ai l'impression que c'est plus direct. Dans une association, je ne sais pas où va l'argent. » Malgré cela, elle pense « redonner à des associations. Maintenant que je gagne bien ma vie, je peux le faire plus facilement qu'avant : je vais me faire un budget don ». Le dispositif fiscal qui permet de déduire de ses impôts une part de ses dons, Carole affirme ne pas savoir exactement comment ça fonctionne, mais elle a entendu ses parents en parler. « Ce système est incitatif, à mon sens. Je vais me renseigner auprès de l'association à laquelle je vais donner. » Des vêtements ou de la nourriture, elle en donne aussi, « aux mêmes, dans la rue, et, lorsqu'il y a la collecte de la banque alimentaire, j'achète des aliments pour les enfants. Donner fait partie de ma culture, confie-t-elle. J'ai appris ça toute petite : il faut aider les gens qui ont moins que toi. Le partage, c'est une valeur importante ».
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