Violaine de Marsangy et Liam Rakimar | |
Les enfants de la guerre
90 % des victimes des conflits sont des civils alors qu'ils n'étaient que 10 % au début du siècle. Plus de la moitié sont des enfants. Aux quatre coins du monde, dans les zones de conflits, au Soudan, en Palestine ou encore en Tchétchénie, ils sont privés d'enfance. Le point de la situation dans le monde.
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Combien sont-ils ?
Selon le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF), deux millions d'enfants ont été tués ces dix dernières années. Six millions ont perdu leur foyer et douze millions ont été blessés ou mutilés à cause des mines antipersonnelles. Forcés de fuir, vingt millions d'enfants sont réfugiés hors de leur pays. D'autres, à l'image des trois cent mille enfants soldats recensés dans le monde, sont les victimes actives d'une guerre à laquelle ils sont forcés de participer.
Selon le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF), deux millions d'enfants ont été tués ces dix dernières années. Six millions ont perdu leur foyer et douze millions ont été blessés ou mutilés à cause des mines antipersonnelles. Forcés de fuir, vingt millions d'enfants sont réfugiés hors de leur pays. D'autres, à l'image des trois cent mille enfants soldats recensés dans le monde, sont les victimes actives d'une guerre à laquelle ils sont forcés de participer.
Qu'est-ce qu'un enfant soldat ?
La Convention internationale relative aux droits de l'enfant définit celui-ci comme " tout être humain de moins de 18 ans ". Paradoxalement, elle fixe à 15 ans l'âge minimum pour s'enrôler volontairement. Certains, à peine âgés de 8 ans, prennent une part active à la guerre : ce sont les " enfants soldats ". Si l'Afrique est le continent le plus touché, la situation reste préoccupante en Amérique du Sud et en Asie. En Colombie, l'UNICEF estime que le nombre d'enfants enrôlés dans les milices paramilitaires et groupes révolutionnaires a progressé. Les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) sont particulièrement avides de ces "petites abeilles".
Quel est leur profil ?
Le profil des recrues est systématiquement le même : pour deux tiers de garçons et un tiers de filles, ils sont issus de milieux pauvres ou ruraux, et sans famille pour les réclamer après les rafles policières ou les enlèvements. Certains s'engagent, poussés par la faim, la peur, le besoin de sécurité ou encore la menace. Si cette méthode de recrutement est inefficace, les groupes armés ont recours à la violence ou à l'enlèvement. Un autre procédé consiste à « adouber » les enfants, c'est-à-dire à les forcer à tuer un membre de leur entourage en public. Ainsi on sait que les jeunes rebelles ne voudront pas s'échapper pour revenir chez eux par peur des représailles.
Comment sont-ils utilisés ?
La nature même de ces enfants est un facteur déterminant dans cette « juvénisation » des conflits. Sans défense, dociles, intimidables, ils sont facilement manipulables. Le rôle qui leur est dévolu dépend essentiellement de leur constitution physique. Les plus forts servent comme soldats alors que les autres, « petites mains au service de la cause », sont relégués en base logistique ou à des tâches moins physiques. Porteurs, cuisiniers, messagers, ils sont aussi affectés à des tâches de déminage, d'espionnage, au ramassage des munitions et d'armes et servent de gardes du corps ou de boucliers humains aux chefs plus âgés. S'il arrive que les filles combattent, elles sont plus généralement utilisées comme esclaves sexuelles.
De quoi souffrent-ils ?
Lors d'un conflit, les enfants souffrent autant de la violence liée au combat que de la situation économique qui en découle. A Kaboul, dans le quartier de Deh Qabel, à forte majorité Hazara, l'association EMDH a ouvert un centre d'accueil pour ces enfants qui travaillent à la fabrication de tapis. Au quotidien, ils affrontent les attaques, les mines et vivent avec les images de crimes, d'amputations, de viols. En l'absence d'infrastructures sanitaires ou éducatives, ces populations vulnérables dépendent de l'aide humanitaire. Leur vie quotidienne ? Manque de nourriture, mauvais traitements physiques, abus sexuels, sans oublier la violence psychologique et, pour les enfants soldats, les crimes qu'ils commettent. Le harcèlement moral, les humiliations, l'endoctrinement mais aussi l'accoutumance à l'alcool et à la drogue, consommés à forte dose, détruisent progressivement leurs possibilités de réinsertion.
L'accès difficile à l'éducation est une autre conséquence des conflits. Enfants du Monde - Droits de l'homme (EMDH) note que, après quarante ans de guerre au Soudan, près de 95 % de la population du sud est analphabète. En Irak, les infrastructures scolaires ont été touchées. Une enquête soutenue par l'Unicef estime que, depuis mars 2003, plus de 700 écoles primaires ont été endommagées par les bombardements, et plus de 200 incendiées.
Comment les aider ?
L'étape de réinsertion est certainement la plus difficile, surtout pour les enfants qui ont combattu. Il faut réapprendre à vivre et se sevrer de la violence, de la drogue. Faute d'une bonne réintégration, ils se recyclent dans la délinquance urbaine ou deviennent des mercenaires. Plusieurs associations se battent pour venir en aide à ces jeunes victimes des conflits, " tout simplement parce qu'ils ont droit à une enfance, le droit de vivre, d'apprendre et de jouer en toute sécurité ", explique Philippe Valls d'Enfants Réfugiés du Monde. Au cour des actions de l'association, il y a le jeu, l'animation, ce mot qui signifie " donner de la vie ". En Palestine, ERM a créé 18 centres d'animation, havres de paix dans un contexte de guerre. Au programme, des activités ludiques, du soutien scolaire et de l'éducation à la paix et aux droits de l'enfant. "Le jeu est vital : il conditionne un développement harmonieux du corps, de l'intelligence et de l'affectivité. Mais, avant tout, ce qu'on peut dire, c'est qu'un enfant qui ne joue pas est un enfant malade, de corps et d'esprit."
Crédits photos : Lemoyne/Unicef, Enfants du monde Droits de l'Homme.
Le profil des recrues est systématiquement le même : pour deux tiers de garçons et un tiers de filles, ils sont issus de milieux pauvres ou ruraux, et sans famille pour les réclamer après les rafles policières ou les enlèvements. Certains s'engagent, poussés par la faim, la peur, le besoin de sécurité ou encore la menace. Si cette méthode de recrutement est inefficace, les groupes armés ont recours à la violence ou à l'enlèvement. Un autre procédé consiste à « adouber » les enfants, c'est-à-dire à les forcer à tuer un membre de leur entourage en public. Ainsi on sait que les jeunes rebelles ne voudront pas s'échapper pour revenir chez eux par peur des représailles.
Comment sont-ils utilisés ?
La nature même de ces enfants est un facteur déterminant dans cette « juvénisation » des conflits. Sans défense, dociles, intimidables, ils sont facilement manipulables. Le rôle qui leur est dévolu dépend essentiellement de leur constitution physique. Les plus forts servent comme soldats alors que les autres, « petites mains au service de la cause », sont relégués en base logistique ou à des tâches moins physiques. Porteurs, cuisiniers, messagers, ils sont aussi affectés à des tâches de déminage, d'espionnage, au ramassage des munitions et d'armes et servent de gardes du corps ou de boucliers humains aux chefs plus âgés. S'il arrive que les filles combattent, elles sont plus généralement utilisées comme esclaves sexuelles.
De quoi souffrent-ils ?
Lors d'un conflit, les enfants souffrent autant de la violence liée au combat que de la situation économique qui en découle. A Kaboul, dans le quartier de Deh Qabel, à forte majorité Hazara, l'association EMDH a ouvert un centre d'accueil pour ces enfants qui travaillent à la fabrication de tapis. Au quotidien, ils affrontent les attaques, les mines et vivent avec les images de crimes, d'amputations, de viols. En l'absence d'infrastructures sanitaires ou éducatives, ces populations vulnérables dépendent de l'aide humanitaire. Leur vie quotidienne ? Manque de nourriture, mauvais traitements physiques, abus sexuels, sans oublier la violence psychologique et, pour les enfants soldats, les crimes qu'ils commettent. Le harcèlement moral, les humiliations, l'endoctrinement mais aussi l'accoutumance à l'alcool et à la drogue, consommés à forte dose, détruisent progressivement leurs possibilités de réinsertion.
L'accès difficile à l'éducation est une autre conséquence des conflits. Enfants du Monde - Droits de l'homme (EMDH) note que, après quarante ans de guerre au Soudan, près de 95 % de la population du sud est analphabète. En Irak, les infrastructures scolaires ont été touchées. Une enquête soutenue par l'Unicef estime que, depuis mars 2003, plus de 700 écoles primaires ont été endommagées par les bombardements, et plus de 200 incendiées.
Comment les aider ?
L'étape de réinsertion est certainement la plus difficile, surtout pour les enfants qui ont combattu. Il faut réapprendre à vivre et se sevrer de la violence, de la drogue. Faute d'une bonne réintégration, ils se recyclent dans la délinquance urbaine ou deviennent des mercenaires. Plusieurs associations se battent pour venir en aide à ces jeunes victimes des conflits, " tout simplement parce qu'ils ont droit à une enfance, le droit de vivre, d'apprendre et de jouer en toute sécurité ", explique Philippe Valls d'Enfants Réfugiés du Monde. Au cour des actions de l'association, il y a le jeu, l'animation, ce mot qui signifie " donner de la vie ". En Palestine, ERM a créé 18 centres d'animation, havres de paix dans un contexte de guerre. Au programme, des activités ludiques, du soutien scolaire et de l'éducation à la paix et aux droits de l'enfant. "Le jeu est vital : il conditionne un développement harmonieux du corps, de l'intelligence et de l'affectivité. Mais, avant tout, ce qu'on peut dire, c'est qu'un enfant qui ne joue pas est un enfant malade, de corps et d'esprit."
Crédits photos : Lemoyne/Unicef, Enfants du monde Droits de l'Homme.
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