Christelle Célarié

Accompagner des personnes pour faire avancer la société

 Marie-Christine Vidotto et Antoine Aragon sont éducateurs à l'institut médico-éducatif Autan-Val Fleuri à Colomiers (Haute-Garonne), institution gérée par l'ADAPEI 31. Diplômés depuis plus de vingt ans, ils partagent la même vision de leur métier : une activité passionnante faite de rencontres humaines enrichissantes, où l'on apprend beaucoup sur l'être humain.
Accompagner des personnes pour faire avancer la société
« Un métier qui a encore une valeur humaine authentique »

« C'est un métier qui a encore une valeur humaine authentique. Le relationnel, l'écoute et la tolérance sont des qualités très importantes à mes yeux », lance Marie-Christine Vidotto, 43 ans, accent chantant du Sud-Ouest et sourire aux lèvres. D'entrée, elle explique qu'elle a un parcours « un peu atypique ». « J'ai un diplôme d'éducateur de jeunes enfants* mais, au cours de ma carrière, j'ai toujours eu des missions d'éducateur spécialisé. Depuis toute petite, je voulais travailler auprès d'enfants handicapés », précise-t-elle.
Même sentiment pour Antoine Aragon, 51 ans, dont vingt-huit ans de carrière en tant qu'éducateur spécialisé. « Pendant mon enfance, j'ai vécu dans des quartiers dits sensibles en Espagne, du côté de Bilbao, puis à Pau (Pyrénées-Atlantiques). J'ai toujours eu une vision d'une société qui n'était pas en bonne forme, raconte-t-il posément. Enfant, j'ai fréquenté des maisons de jeunes, des mini-clubs, où j'ai vite été sensibilisé aux besoins des gens. Puis j'ai été aiguillé par d'autres éducateurs, qui m'ont permis de faire de l'animation auprès des enfants. » Bac en poche, et après un détour (une tentative à « l'école d'infirmières, à l'époque »), il a l'opportunité de passer le concours de l'école d'éducateurs spécialisés. Trois ans plus tard, il en obtient le diplôme.
 
Travail de réflexion et d'adaptation

Marie-Christine, jeune diplômée, intègre assez rapidement l'ADAPEI 31, une association de parents qui agit en faveur de la dignité, du respect et de la citoyenneté des personnes handicapées mentales. Aujourd'hui, Marie-Christine y travaille auprès de jeunes trisomiques (entre 14 et 20 ans) souffrant de troubles du comportement. Elle anime des ateliers « de restauration de l'image de soi, des activités de plaisir : des notions que les jeunes handicapés mentaux n'ont pas souvent. Pour les ouvrir vers l'extérieur, j'organise aussi des activités culturelles, des spectacles ».
Pour Antoine, le travail quotidien auprès d'enfants déficients mentaux, âgés de 6 à 14 ans, consiste à essayer de « les ouvrir à eux-mêmes, dans la mesure du possible. On fait de l'accompagnement au quotidien, pour encourager certains apprentissages ; puis on fait un travail d'intégration vers l'extérieur, dans des lieux sociaux comme les ludothèques ». Pour tous les deux, être éducateur spécialisé, c'est savoir s'adapter, réfléchir, c'est un travail tout en finesse où l'on apprend beaucoup de chose sur ce qu'est l'être humain.
 
Avoir le sens du relationnel et s'intéresser à l'être humain

Après plus de vingt ans d'expérience chacun, Antoine et Marie Christine tombent d'accord lorsqu'on leur demande de définir les qualités pour être éducateur : « Sans aucun doute, il faut avoir le sens du relationnel et de l'écoute. La créativité est indispensable aussi, car on doit toujours se réajuster quand on travaille auprès de handicapés mentaux. Enfin, être tolérant, et n'opposer aucune résistance au changement, c'est important », précise Marie-Christine. Et Antoine ajoute : « Je crois que la première des qualités, c'est de s'intéresser à l'être humain et de savoir accueillir de manière bienveillante les personnes qu'on doit prendre en charge. »
Un conseil à donner à des futurs éducateurs ? Marie-Christine recommande « d'aller sur le terrain voir ce qui s'y passe. C'est un métier passionnant ! » Antoine ne donne pas vraiment de conseil mais a une certitude : « C'est un beau métier qui permet, au contact des personnes qu'on accompagne, de se découvrir soi-même. »

*Formation pour travailler auprès des enfants jusqu'à 7 ans.

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