Antoine JANBON | |
Peut-on apprendre autrement ?
Au-delà de l'enseignement classique proposé à la majorité des élèves français, de nombreuses méthodes éducatives innovantes voient le jour dans l'Hexagone. Leur but : permettre à chacun de pouvoir apprendre à son rythme malgré les difficultés de l'existence et les écarts de parcours. Petit tour d'horizon.
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L'échec scolaire
La rentrée approche à grands pas et la majorité des jeunes Français va rejoindre sa classe pour une nouvelle année scolaire. Parmi eux, certains vont échouer et peut-être rester sur le bord de la route de l'éducation, incapables de s'intégrer dans les structures classiques de l'enseignement. En 2001, on estimait à 60 000 le nombre de jeunes qui achevaient leurs études sans aucun diplôme. Pour eux et pour beaucoup d'autres, des pédagogies adaptées ont été mises en place afin de leur permettre, malgré leurs problèmes familiaux ou personnels, de se construire un avenir en apprenant autrement.
Une deuxième chance
Installée dans de nombreuses régions françaises, L'école de la deuxième chance est, par exemple, destinée aux adultes âgés de 18 à 30 ans qui ont quitté l'enseignement sans qualification et qui ne possèdent pas une expérience suffisante pour trouver un emploi stable. « Presque tous nos élèves souffrent de ne pas avoir été écoutés lors de leur passage à l'école. Leurs difficultés personnelles ont entraîné une très faible capacité de concentration, une dévalorisation d'eux-mêmes et une impossibilité d'acquérir les savoirs de bases », explique Marc Martin, le directeur de L'école régionale de la deuxième chance en Midi-Pyrénées.
Un suivi personnalisé
Pour remettre ses élèves dans une dynamique d'apprentissage, le directeur mise sur de petits effectifs et sur un suivi personnalisé. « Nous travaillons avec le stagiaire sur la création d'un véritable projet professionnel avec des stages en entreprise à la clé. Le but est de lui redonner le goût d'apprendre et de l'impliquer au maximum autour de son apprentissage. Quand celui-ci prend conscience des outils qui lui sont nécessaires pour atteindre son objectif, le travail sur les fondamentaux, comme les mathématiques ou le français, est largement facilité. »
A l'heure actuelle, la plupart des élèves de M. Martin sont sur la piste d'un emploi. « Je crois que nous avons su leur redonner confiance en les considérant comme des individus et pas simplement comme des apprenants. »
Les foyers éducatifs ?
Une philosophie que partage Patrick Renaud. Celui-ci dirige le foyer éducatif Marie-Pascale Péan à Mulhouse. Cette structure accueille des filles de 13 à 18 ans placés par l'Aide sociale à l'Enfance. « Notre objectif premier est de stabiliser toutes ces adolescentes abîmées par l'existence et de leur redonner le goût de la vie. Pour cela, nous nous plaçons d'abord sur un terrain éducatif. » Les pensionnaires évoluent ainsi dans de petites unités encadrées par des éducateurs chargés de leur réapprendre la vie en collectivité et le respect de l'autre.
L'éducation à l'autonomie
Ceux-ci leur confient aussi certaines responsabilités en vue d'une insertion, comme la gestion d'un budget. « Nous voulons qu'elles aient tous les éléments pour pouvoir devenir autonomes le plus rapidement possible. Chez nous, le savoir être est au moins aussi important que le savoir-faire », explique M. Renaud. Sur le plan pédagogique, le but est de leur redonner l'envie d'apprendre en les faisant participer à des activités qu'elles apprécient, comme les travaux sur bois ou la peinture. « Lors de ces ateliers de préqualification, elles retrouvent le goût de l'effort et de l'assiduité avant de commencer une vraie formation. »
Apprendre les valeurs civiques
Se servir d'une activité ludique pour transmettre les valeurs civiques élémentaires, c'est l'objectif de Frédéric Hamelin, un des responsables de l'association Foot Citoyen. « Dans certains quartiers, les repères traditionnels, comme le respect de l'autorité parentale ou du système scolaire, sont en train d'exploser. Le football reste une activité populaire dans le cadre de laquelle les jeunes sont extrêmement réceptifs. C'est un repère nouveau dont il faut profiter. » L'association tente, au travers de différentes actions, de sensibiliser les clubs amateurs au respect de l'adversaire, des arbitres mais aussi au respect des différences d'âge ou d'origine au sein d'une même équipe.
Adapter pour réussir
Des manières innovantes d'éduquer enfants et adultes auxquelles les structures classiques d'enseignement ne restent pas insensibles. En effet, l'Education nationale a toujours été intéressée par ces nouvelles méthodes éducatives pour faire évoluer sa pédagogie. Le travail en effectifs réduits, notamment pour le soutien scolaire, est, par exemple, directement inspiré de ce qui se faisait dans les ZEP au début des années 80.
Toutes ces méthodes restent animées par une même volonté : permettre aux jeunes de réussir grâce à un apprentissage adapté à leurs besoins et à leur histoire.
Crédits photos : Armée du Salut, Foot citoyen, Ecole de la deuxième Chance.
La rentrée approche à grands pas et la majorité des jeunes Français va rejoindre sa classe pour une nouvelle année scolaire. Parmi eux, certains vont échouer et peut-être rester sur le bord de la route de l'éducation, incapables de s'intégrer dans les structures classiques de l'enseignement. En 2001, on estimait à 60 000 le nombre de jeunes qui achevaient leurs études sans aucun diplôme. Pour eux et pour beaucoup d'autres, des pédagogies adaptées ont été mises en place afin de leur permettre, malgré leurs problèmes familiaux ou personnels, de se construire un avenir en apprenant autrement.
Une deuxième chance
Installée dans de nombreuses régions françaises, L'école de la deuxième chance est, par exemple, destinée aux adultes âgés de 18 à 30 ans qui ont quitté l'enseignement sans qualification et qui ne possèdent pas une expérience suffisante pour trouver un emploi stable. « Presque tous nos élèves souffrent de ne pas avoir été écoutés lors de leur passage à l'école. Leurs difficultés personnelles ont entraîné une très faible capacité de concentration, une dévalorisation d'eux-mêmes et une impossibilité d'acquérir les savoirs de bases », explique Marc Martin, le directeur de L'école régionale de la deuxième chance en Midi-Pyrénées.
Un suivi personnalisé
Pour remettre ses élèves dans une dynamique d'apprentissage, le directeur mise sur de petits effectifs et sur un suivi personnalisé. « Nous travaillons avec le stagiaire sur la création d'un véritable projet professionnel avec des stages en entreprise à la clé. Le but est de lui redonner le goût d'apprendre et de l'impliquer au maximum autour de son apprentissage. Quand celui-ci prend conscience des outils qui lui sont nécessaires pour atteindre son objectif, le travail sur les fondamentaux, comme les mathématiques ou le français, est largement facilité. »
A l'heure actuelle, la plupart des élèves de M. Martin sont sur la piste d'un emploi. « Je crois que nous avons su leur redonner confiance en les considérant comme des individus et pas simplement comme des apprenants. »
Les foyers éducatifs ?
Une philosophie que partage Patrick Renaud. Celui-ci dirige le foyer éducatif Marie-Pascale Péan à Mulhouse. Cette structure accueille des filles de 13 à 18 ans placés par l'Aide sociale à l'Enfance. « Notre objectif premier est de stabiliser toutes ces adolescentes abîmées par l'existence et de leur redonner le goût de la vie. Pour cela, nous nous plaçons d'abord sur un terrain éducatif. » Les pensionnaires évoluent ainsi dans de petites unités encadrées par des éducateurs chargés de leur réapprendre la vie en collectivité et le respect de l'autre.
L'éducation à l'autonomie
Ceux-ci leur confient aussi certaines responsabilités en vue d'une insertion, comme la gestion d'un budget. « Nous voulons qu'elles aient tous les éléments pour pouvoir devenir autonomes le plus rapidement possible. Chez nous, le savoir être est au moins aussi important que le savoir-faire », explique M. Renaud. Sur le plan pédagogique, le but est de leur redonner l'envie d'apprendre en les faisant participer à des activités qu'elles apprécient, comme les travaux sur bois ou la peinture. « Lors de ces ateliers de préqualification, elles retrouvent le goût de l'effort et de l'assiduité avant de commencer une vraie formation. »
Apprendre les valeurs civiques
Se servir d'une activité ludique pour transmettre les valeurs civiques élémentaires, c'est l'objectif de Frédéric Hamelin, un des responsables de l'association Foot Citoyen. « Dans certains quartiers, les repères traditionnels, comme le respect de l'autorité parentale ou du système scolaire, sont en train d'exploser. Le football reste une activité populaire dans le cadre de laquelle les jeunes sont extrêmement réceptifs. C'est un repère nouveau dont il faut profiter. » L'association tente, au travers de différentes actions, de sensibiliser les clubs amateurs au respect de l'adversaire, des arbitres mais aussi au respect des différences d'âge ou d'origine au sein d'une même équipe.
Adapter pour réussir
Des manières innovantes d'éduquer enfants et adultes auxquelles les structures classiques d'enseignement ne restent pas insensibles. En effet, l'Education nationale a toujours été intéressée par ces nouvelles méthodes éducatives pour faire évoluer sa pédagogie. Le travail en effectifs réduits, notamment pour le soutien scolaire, est, par exemple, directement inspiré de ce qui se faisait dans les ZEP au début des années 80.
Toutes ces méthodes restent animées par une même volonté : permettre aux jeunes de réussir grâce à un apprentissage adapté à leurs besoins et à leur histoire.
Crédits photos : Armée du Salut, Foot citoyen, Ecole de la deuxième Chance.
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