Antoine Janbon | |
Quand l'école doit enseigner autrement
Douze millions d'élèves ont retrouvé les cours d'écoles et les salles de collèges et lycées. La plupart devraient suivre une scolarité normale. Pour certains, cependant, les circonstances de la vie rendront leur parcours à l'école plus difficile, voire impossible. L'Éducation nationale a mis en place de nombreux dispositifs adaptés pour que personne ne reste sur le bord de la route de l'instruction.
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Être malade et pouvoir suivre une vraie scolarité
« Nous agissons pour que chacun ait le droit d'être un élève ordinaire », lance Jeanne-Marie Urcun, médecin conseiller auprès de la direction de l'enseignement scolaire (DESCO). Son rôle est notamment de permettre à des élèves malades de suivre, à partir du primaire, une vraie scolarité. « Nous intervenons auprès d'enfants victimes d'accidents ou de pathologies et qui sont amenés à s'absenter sur des périodes de moins de trois mois en envoyant des professeurs détachés à leur domicile. Pour ce qui est des maladies de plus longue durée, des classes sont organisées au sein même des hôpitaux. Ce programme baptisé l'École à l'hôpital concernait 264 établissements hospitaliers en 2003 et plus de 8 000 élèves. « Tous ces jeunes sont en quête de normalité, ils ne veulent pas qu'on les regarde simplement comme des enfants que l'on soigne, mais aussi comme des personnes à qui l'on apprend. Le fait de quitter sa chambre pour aller à l'école, même si elle est à l'autre bout du couloir, influe grandement sur leur moral. »
Des initiatives par dizaines
Intégrer dès que cela est possible ces jeunes aux parcours différents (maladie, handicap, difficultés d'apprentissage, etc.), telle est la priorité de l'Éducation nationale depuis plus de vingt ans. Dans ce contexte, les initiatives se comptent par dizaines. Dès l'école primaire, par exemple, les Réseaux d'aide spécialisés aux élèves en difficulté (RASED) ont pour but de détecter et de soutenir les enfants en difficulté scolaire afin de leur permettre de poursuivre une scolarité normale. Du coté de la scolarisation des élèves handicapés, leur intégration progresse pas à pas. Le nombre d'élèves handicapés accueillis en milieu scolaire ordinaire est passé dans le secondaire de 22 000 à 37 000 entre 2002 et 2004, soit une augmentation de 70 %. La loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances a réaffirmé cette priorité d'intégration en prévoyant de nombreux dispositifs (soutien, personnel supplémentaire) visant à permettre à ces jeunes de suivre la scolarité la plus normale et ce dès le primaire. Toutes les modalités devraient être opérationnelles pour la rentrée 2006.
Jeter un regard différent sur l'école
Ce souci d'adaptation de l'école s'adresse aussi à des élèves en situation de déscolarisation ou de désocialisation par le biais des classes ou ateliers relais. Il en existe aujourd'hui plus de 300 dans l'enseignement secondaire. « Ces structures accueillent temporairement des jeunes entrés dans un processus de rejet de l'institution scolaire, qui peut se traduire par des manquements graves et répétés au règlement intérieur, un absentéisme chronique ou une démotivation profonde dans les apprentissages », précise la direction de l'enseignement scolaire (DESCO). Le but est qu'ils réintègrent au plus vite une situation scolaire normale et apaisée. Pour cela, ils bénéficient d'effectifs réduits, d'un rythme adapté à leur situation avec plus de sports, d'activités culturelles ou d'apprentissage à la citoyenneté. Ils peuvent également s'appuyer sur un encadrement spécifique. « En plus des professeurs, nous faisons intervenir des éducateurs et nous travaillons également avec des associations locales dans le cadre des ateliers relais. Pour la DESCO, l'idée est qu'ils puissent bénéficier d'une autre approche pédagogique afin qu'eux aussi jettent un regard différent sur l'école. » Et les résultats sont là : sur plus de 5 300 élèves accueillis en 2003, 84 % des élèves d'ateliers relais et 80 % des élèves de classe relais ont été rescolarisés dans un cursus ordinaire.
Un outil de découverte
Autre dispositif mis en place en 1991 : l'École ouverte. Elle concernait en 2003 plus de 100 000 jeunes issus de zones socialement défavorisées. Elle permet pendant les vacances scolaires d'accueillir dans des collèges et des lycées des enfants et adolescents qui n'ont pas la chance de partir en congés. Les activités proposées sont pédagogiques à 25 % (aides aux devoirs, soutien), mais surtout sportives, ludiques ou culturelles. L'École ouverte constitue un véritable espace de liberté dans lequel le jeune choisit ses activités, s'ouvre sur le monde au sein d'effectifs réduits. Il se sent valorisé, car il devient acteur de son apprentissage. « Pour beaucoup d'élèves, ce dispositif est un vrai outil de découverte. Grâce aux nombreuses excursions que nous organisons avec les professeurs, certains ont pu voir la mer pour la première fois de leur vie », raconte Aimée Pépin, correspondante Ecole ouverte au sein de l'Académie de Créteil. Pour elle, ce dispositif est une chance pour de nombreux élèves d'apprendre à aimer l'institution scolaire. « Une sorte de réconciliation qui aura forcément un impact sur la suite de leurs études », ajoute-t-elle. Handicap, pathologie lourde ou échec solaire, de nombreux professionnels sont à l'écoute des parents et des jeunes en difficulté. Les équipes enseignantes, les assistantes sociales, les éducateurs, des associations peuvent jouer les médiateurs et aider les élèves à raccrocher et à suivre une scolarité normale.
« Nous agissons pour que chacun ait le droit d'être un élève ordinaire », lance Jeanne-Marie Urcun, médecin conseiller auprès de la direction de l'enseignement scolaire (DESCO). Son rôle est notamment de permettre à des élèves malades de suivre, à partir du primaire, une vraie scolarité. « Nous intervenons auprès d'enfants victimes d'accidents ou de pathologies et qui sont amenés à s'absenter sur des périodes de moins de trois mois en envoyant des professeurs détachés à leur domicile. Pour ce qui est des maladies de plus longue durée, des classes sont organisées au sein même des hôpitaux. Ce programme baptisé l'École à l'hôpital concernait 264 établissements hospitaliers en 2003 et plus de 8 000 élèves. « Tous ces jeunes sont en quête de normalité, ils ne veulent pas qu'on les regarde simplement comme des enfants que l'on soigne, mais aussi comme des personnes à qui l'on apprend. Le fait de quitter sa chambre pour aller à l'école, même si elle est à l'autre bout du couloir, influe grandement sur leur moral. »
Des initiatives par dizaines
Intégrer dès que cela est possible ces jeunes aux parcours différents (maladie, handicap, difficultés d'apprentissage, etc.), telle est la priorité de l'Éducation nationale depuis plus de vingt ans. Dans ce contexte, les initiatives se comptent par dizaines. Dès l'école primaire, par exemple, les Réseaux d'aide spécialisés aux élèves en difficulté (RASED) ont pour but de détecter et de soutenir les enfants en difficulté scolaire afin de leur permettre de poursuivre une scolarité normale. Du coté de la scolarisation des élèves handicapés, leur intégration progresse pas à pas. Le nombre d'élèves handicapés accueillis en milieu scolaire ordinaire est passé dans le secondaire de 22 000 à 37 000 entre 2002 et 2004, soit une augmentation de 70 %. La loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances a réaffirmé cette priorité d'intégration en prévoyant de nombreux dispositifs (soutien, personnel supplémentaire) visant à permettre à ces jeunes de suivre la scolarité la plus normale et ce dès le primaire. Toutes les modalités devraient être opérationnelles pour la rentrée 2006.
Jeter un regard différent sur l'école
Ce souci d'adaptation de l'école s'adresse aussi à des élèves en situation de déscolarisation ou de désocialisation par le biais des classes ou ateliers relais. Il en existe aujourd'hui plus de 300 dans l'enseignement secondaire. « Ces structures accueillent temporairement des jeunes entrés dans un processus de rejet de l'institution scolaire, qui peut se traduire par des manquements graves et répétés au règlement intérieur, un absentéisme chronique ou une démotivation profonde dans les apprentissages », précise la direction de l'enseignement scolaire (DESCO). Le but est qu'ils réintègrent au plus vite une situation scolaire normale et apaisée. Pour cela, ils bénéficient d'effectifs réduits, d'un rythme adapté à leur situation avec plus de sports, d'activités culturelles ou d'apprentissage à la citoyenneté. Ils peuvent également s'appuyer sur un encadrement spécifique. « En plus des professeurs, nous faisons intervenir des éducateurs et nous travaillons également avec des associations locales dans le cadre des ateliers relais. Pour la DESCO, l'idée est qu'ils puissent bénéficier d'une autre approche pédagogique afin qu'eux aussi jettent un regard différent sur l'école. » Et les résultats sont là : sur plus de 5 300 élèves accueillis en 2003, 84 % des élèves d'ateliers relais et 80 % des élèves de classe relais ont été rescolarisés dans un cursus ordinaire.
Un outil de découverte
Autre dispositif mis en place en 1991 : l'École ouverte. Elle concernait en 2003 plus de 100 000 jeunes issus de zones socialement défavorisées. Elle permet pendant les vacances scolaires d'accueillir dans des collèges et des lycées des enfants et adolescents qui n'ont pas la chance de partir en congés. Les activités proposées sont pédagogiques à 25 % (aides aux devoirs, soutien), mais surtout sportives, ludiques ou culturelles. L'École ouverte constitue un véritable espace de liberté dans lequel le jeune choisit ses activités, s'ouvre sur le monde au sein d'effectifs réduits. Il se sent valorisé, car il devient acteur de son apprentissage. « Pour beaucoup d'élèves, ce dispositif est un vrai outil de découverte. Grâce aux nombreuses excursions que nous organisons avec les professeurs, certains ont pu voir la mer pour la première fois de leur vie », raconte Aimée Pépin, correspondante Ecole ouverte au sein de l'Académie de Créteil. Pour elle, ce dispositif est une chance pour de nombreux élèves d'apprendre à aimer l'institution scolaire. « Une sorte de réconciliation qui aura forcément un impact sur la suite de leurs études », ajoute-t-elle. Handicap, pathologie lourde ou échec solaire, de nombreux professionnels sont à l'écoute des parents et des jeunes en difficulté. Les équipes enseignantes, les assistantes sociales, les éducateurs, des associations peuvent jouer les médiateurs et aider les élèves à raccrocher et à suivre une scolarité normale.
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