Emmanuelle Laborit : la promotion de la culture sourde
Sourde profonde de naissance, Emmanuelle Laborit a vécu son enfance dans le silence. Jusqu’au jour où on lui a appris la langue des signes. Elle s’est alors ouverte au monde et a souhaité depuis, diffuser la culture de la communauté sourde. Et pour elle, première comédienne sourde à être récompensée par un Molière, cela passe forcément par le théâtre.
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En 1971, lorsqu’Emmanuelle vient au monde, ni sa famille, ni les médecins ne soupçonnent sa surdité. Pourtant, à l’âge où les enfants prononcent leurs premiers mots, elle, ne fait qu’émettre des sons perçants. Des "cris de mouette" comme disaient ses parents qui lui inspireront plus tard le titre de son livre autobiographique*.
Ces hurlements ne traduisent pas une douleur mais ses efforts pour percevoir sa propre voix, inaudible pour elle. A 5 ans, âge de la découverte du monde et de l’épanouissement, Emmanuelle se renferme sur elle-même et développe des peurs qu’elle peine à exprimer. Elle vit dans un monde dont "elle ne fait pas partie", jusqu’à ses sept ans quand un jour son père l’emmène à l’IVT (International Visual Theater) de Vincennes.
C’est dans ce centre culturel pour les sourds que la petite fille rencontre pour la première fois des adultes "comme elle". Elle y apprend la langue des signes et parvient enfin à communiquer avec d’autres personnes que ses parents. "Ça a été une nouvelle naissance, la vie qui commence" confie-t-elle. C’est aussi cette année là que naît sa petite sœur, Marie, à qui elle apprendra très vite à "signer" et qui deviendra aussi sa plus grande confidente. "A son contact, j’ai pu voir et comprendre que la communication pouvait être très facile" raconte-elle.
Adolescente "volontaire et obstinée", Emmanuelle fait les 400 coups. Une période difficile pendant laquelle elle teste ses propres limites. Mais très vite, sa passion pour le théâtre la rattrape et devient sa raison de vivre. Le bac en poche, Jean Dalric lui propose le rôle de Sarah dans la pièce "Les Enfants du silence" (1992). Pour cette interprétation, elle reçoit un Molière de la révélation théâtrale et devient ainsi la première comédienne sourde récompensée par un tel prix. "Le théâtre m’a permis de trouver ma place au sein de la société, déclare-t-elle. Pour moi, c’est arrivé tard, mais tous les enfants sourds doivent avoir le droit à la culture, c’est indispensable pour qu’ils s’ouvrent au monde!".
C’est ce combat qu’elle porte en elle depuis toujours et pour lequel elle dirige aujourd’hui l’IVT. Après sa création par Jean Grémion et Alfredo Corrado en 1976, l’IVT est devenu une école de langue des signes, une maison d’édition de livres bilingues et une compagnie professionnelle de théâtre. A Paris, c’est le centre de diffusion de la culture sourde. Emmanuelle Laborit en a fait un lieu de recherche, une sorte de laboratoire. "Nous ne travaillons pas autour de l’accessibilité du théâtre pour le public sourd, précise-t-elle, mais bien sur la culture de la langue des signes". Enrichi par la mixité entre les comédiens sourds et entendants, le travail de création artistique y est unique. Tous travaillent ensemble grâce à leur corps et leurs mains. "C’est cette langue qui nous rassemble et qui nous donne notre identité". C’est pourquoi il est si important de la valoriser!
* livre autobiographique "Le cri de la mouette" d’Emmanuelle Laborit, Éditions Flammarion – 1994
C’est dans ce centre culturel pour les sourds que la petite fille rencontre pour la première fois des adultes "comme elle". Elle y apprend la langue des signes et parvient enfin à communiquer avec d’autres personnes que ses parents. "Ça a été une nouvelle naissance, la vie qui commence" confie-t-elle. C’est aussi cette année là que naît sa petite sœur, Marie, à qui elle apprendra très vite à "signer" et qui deviendra aussi sa plus grande confidente. "A son contact, j’ai pu voir et comprendre que la communication pouvait être très facile" raconte-elle.
Adolescente "volontaire et obstinée", Emmanuelle fait les 400 coups. Une période difficile pendant laquelle elle teste ses propres limites. Mais très vite, sa passion pour le théâtre la rattrape et devient sa raison de vivre. Le bac en poche, Jean Dalric lui propose le rôle de Sarah dans la pièce "Les Enfants du silence" (1992). Pour cette interprétation, elle reçoit un Molière de la révélation théâtrale et devient ainsi la première comédienne sourde récompensée par un tel prix. "Le théâtre m’a permis de trouver ma place au sein de la société, déclare-t-elle. Pour moi, c’est arrivé tard, mais tous les enfants sourds doivent avoir le droit à la culture, c’est indispensable pour qu’ils s’ouvrent au monde!".
C’est ce combat qu’elle porte en elle depuis toujours et pour lequel elle dirige aujourd’hui l’IVT. Après sa création par Jean Grémion et Alfredo Corrado en 1976, l’IVT est devenu une école de langue des signes, une maison d’édition de livres bilingues et une compagnie professionnelle de théâtre. A Paris, c’est le centre de diffusion de la culture sourde. Emmanuelle Laborit en a fait un lieu de recherche, une sorte de laboratoire. "Nous ne travaillons pas autour de l’accessibilité du théâtre pour le public sourd, précise-t-elle, mais bien sur la culture de la langue des signes". Enrichi par la mixité entre les comédiens sourds et entendants, le travail de création artistique y est unique. Tous travaillent ensemble grâce à leur corps et leurs mains. "C’est cette langue qui nous rassemble et qui nous donne notre identité". C’est pourquoi il est si important de la valoriser!
* livre autobiographique "Le cri de la mouette" d’Emmanuelle Laborit, Éditions Flammarion – 1994
Pour en savoir plus : http://www.ivt.fr/
Frédérique Sauvée – Agence d’informations Reporters d’Espoirs
Juillet 2009
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