Antoine Janbon | |
La démocratie de demain
Même si le divorce entre les citoyens et la classe politique semble souvent entamé, de nouveaux lieux d'engagement collectif apparaissent. Leur but : favoriser le dialogue et la réflexion entre citoyens et donner à nouveau envie d'agir ensemble.
![]() |
L'engagement citoyen
« Quand on montre aux gens qu'ils peuvent, eux aussi, être utiles pour améliorer le monde qui les entoure, et que de belles initiatives fonctionnent, ils n'hésitent pas à s'engager. Le repli et l'individualisme sont loin d'être une fatalité », lance Anne Dhoquois, la rédactrice en chef du site Place publique. Cet espace électronique veut donner l'opportunité à chacun de prendre la parole (sur des sujets aussi divers que la vie politique, l'Internet citoyen, etc.) et de se mettre au courant de l'activité de milliers d'associations en France. Une manière de s'exprimer et de donner envie aux Français d'être des citoyens actifs.
Comme Place publique, les lieux créateurs de lien social se multiplient partout dans l'Hexagone. Pierre Lalart anime un café citoyen dans le quartier sensible du Grand Mirail à Toulouse. « Notre café citoyen a pour but de décloisonner les groupes, de permettre aux gens de se connaître. Au bout de quelques heures de discussion autour d'un thème, on se trouve forcément des points communs et on a envie de travailler ensemble. C'est en permettant à chacun de comprendre qu'il fait partie d'un groupe que l'on pourra faire évoluer la société. » Au sein de toutes ces tentatives de mobilisation informelles, les jeunes apparaissent comme des acteurs privilégiés : ils sont les citoyens de demain sur lesquels comptent de nombreuses associations.
S'ouvrir au monde
Le Cafézoide à Paris est ouvert aux bambins et adolescents pour qu'ils puissent, eux aussi, s'exprimer et faire leur propre expérience de la vie en société. « Nous avons voulu créer un espace de liberté et de mixité sociale dans lequel les enfants peuvent se rencontrer et apprendre à grandir selon leurs propres repères », explique Anne-Marie Rodenas, la fondatrice de ce lieu. Chaque mois, des assemblées d'enfants sont organisées, par exemple. Durant ces réunions, chacun peut intervenir grâce à un bâton de parole. « Ils apprennent à parler en public, à argumenter et à défendre des idées. Cette expérience les incite à s'ouvrir au monde et devrait leur servir tout au long de leur vie. » Les sujets traités sont extrêmement variés et peuvent déboucher sur des mesures très concrètes. « Récemment, les enfants ont fait des propositions pour que l'accès aux pelouses dans le quartier soit à nouveau possible. Tous ces jeunes ont des idées à faire passer. Il faut être à leur écoute. »
Une philosophie que partage Mikaël Garnier-Lavalley, délégué national de l' Association nationale des conseils d'enfants et de jeunes, une fédération qui rassemble près de 500 assemblées (sur 1 200 recensées en France) de jeunes de 9 à 18 ans. « Au sein de ces conseils, ils apprennent à mener des projets collectifs et à écouter l'autre même s'il est différent. C'est un vrai exercice de démocratie de proximité. » Pour M. Garnier-Lavalley, le conseil propose un espace de liberté que n'offrent ni l'école ni la famille. « Il y a de nombreux jeunes, en échec scolaire ou en grande difficulté avec leurs parents, qui se transforment littéralement au sein de ces structures en étant particulièrement brillants lors de la rédaction de projets ou des prises de parole. Grâce à la confiance des autres élus, qu'ils soient jeunes ou adultes, ils se découvrent de nouvelles capacités. »
De nombreuses études ont d'ailleurs montré que tous ces jeunes sont extrêmement marqués par ce premier engagement. « On ne peut pas vraiment savoir quel impact aura cette aventure d'élu sur leur vie future mais on peut affirmer que celle-ci leur donnera le goût de s'investir aux côtés des autres. »
Construire des citoyens actifs
Construire des citoyens actifs, lutter contre le fatalisme et le repli, c'est aussi le moteur qui anime Hafid Rahmouni, fondateur en 1994 de Zyva. Située à Nanterre, cette association veut redonner aux jeunes de ce quartier sensible toute la confiance qui leur permettra de s'ouvrir aux autres. « Nous sommes là pour leur faire comprendre qu'ils ont, eux aussi, un avenir malgré l'environnement qui les entoure, et que réussir en banlieue ne veut pas forcément dire devenir footballeur ou chanteur de rap. » Cette prise de conscience passe par du soutien scolaire, le respect de règles de vie en communauté mais aussi par des activités inhabituelles dans ces quartiers, comme le théâtre ou le chant. Et les résultats sont là. « Cette année, nous avons eu 100 % de réussite au bac chez nos membres, il y en a même qui ont été admis à Sciences-po. Cela prouve bien que, quand on bouscule les mentalités et que l'on jette sur ces jeunes un regard de confiance et non de méfiance, ils sont capables de faire des miracles. »
Donner naissance aux citoyens de demain, impliqués, engagés et généreux ? Ça commence dès le plus jeune âge !
« Quand on montre aux gens qu'ils peuvent, eux aussi, être utiles pour améliorer le monde qui les entoure, et que de belles initiatives fonctionnent, ils n'hésitent pas à s'engager. Le repli et l'individualisme sont loin d'être une fatalité », lance Anne Dhoquois, la rédactrice en chef du site Place publique. Cet espace électronique veut donner l'opportunité à chacun de prendre la parole (sur des sujets aussi divers que la vie politique, l'Internet citoyen, etc.) et de se mettre au courant de l'activité de milliers d'associations en France. Une manière de s'exprimer et de donner envie aux Français d'être des citoyens actifs.
Comme Place publique, les lieux créateurs de lien social se multiplient partout dans l'Hexagone. Pierre Lalart anime un café citoyen dans le quartier sensible du Grand Mirail à Toulouse. « Notre café citoyen a pour but de décloisonner les groupes, de permettre aux gens de se connaître. Au bout de quelques heures de discussion autour d'un thème, on se trouve forcément des points communs et on a envie de travailler ensemble. C'est en permettant à chacun de comprendre qu'il fait partie d'un groupe que l'on pourra faire évoluer la société. » Au sein de toutes ces tentatives de mobilisation informelles, les jeunes apparaissent comme des acteurs privilégiés : ils sont les citoyens de demain sur lesquels comptent de nombreuses associations.
S'ouvrir au monde
Le Cafézoide à Paris est ouvert aux bambins et adolescents pour qu'ils puissent, eux aussi, s'exprimer et faire leur propre expérience de la vie en société. « Nous avons voulu créer un espace de liberté et de mixité sociale dans lequel les enfants peuvent se rencontrer et apprendre à grandir selon leurs propres repères », explique Anne-Marie Rodenas, la fondatrice de ce lieu. Chaque mois, des assemblées d'enfants sont organisées, par exemple. Durant ces réunions, chacun peut intervenir grâce à un bâton de parole. « Ils apprennent à parler en public, à argumenter et à défendre des idées. Cette expérience les incite à s'ouvrir au monde et devrait leur servir tout au long de leur vie. » Les sujets traités sont extrêmement variés et peuvent déboucher sur des mesures très concrètes. « Récemment, les enfants ont fait des propositions pour que l'accès aux pelouses dans le quartier soit à nouveau possible. Tous ces jeunes ont des idées à faire passer. Il faut être à leur écoute. »
Une philosophie que partage Mikaël Garnier-Lavalley, délégué national de l' Association nationale des conseils d'enfants et de jeunes, une fédération qui rassemble près de 500 assemblées (sur 1 200 recensées en France) de jeunes de 9 à 18 ans. « Au sein de ces conseils, ils apprennent à mener des projets collectifs et à écouter l'autre même s'il est différent. C'est un vrai exercice de démocratie de proximité. » Pour M. Garnier-Lavalley, le conseil propose un espace de liberté que n'offrent ni l'école ni la famille. « Il y a de nombreux jeunes, en échec scolaire ou en grande difficulté avec leurs parents, qui se transforment littéralement au sein de ces structures en étant particulièrement brillants lors de la rédaction de projets ou des prises de parole. Grâce à la confiance des autres élus, qu'ils soient jeunes ou adultes, ils se découvrent de nouvelles capacités. »
De nombreuses études ont d'ailleurs montré que tous ces jeunes sont extrêmement marqués par ce premier engagement. « On ne peut pas vraiment savoir quel impact aura cette aventure d'élu sur leur vie future mais on peut affirmer que celle-ci leur donnera le goût de s'investir aux côtés des autres. »
Construire des citoyens actifs
Construire des citoyens actifs, lutter contre le fatalisme et le repli, c'est aussi le moteur qui anime Hafid Rahmouni, fondateur en 1994 de Zyva. Située à Nanterre, cette association veut redonner aux jeunes de ce quartier sensible toute la confiance qui leur permettra de s'ouvrir aux autres. « Nous sommes là pour leur faire comprendre qu'ils ont, eux aussi, un avenir malgré l'environnement qui les entoure, et que réussir en banlieue ne veut pas forcément dire devenir footballeur ou chanteur de rap. » Cette prise de conscience passe par du soutien scolaire, le respect de règles de vie en communauté mais aussi par des activités inhabituelles dans ces quartiers, comme le théâtre ou le chant. Et les résultats sont là. « Cette année, nous avons eu 100 % de réussite au bac chez nos membres, il y en a même qui ont été admis à Sciences-po. Cela prouve bien que, quand on bouscule les mentalités et que l'on jette sur ces jeunes un regard de confiance et non de méfiance, ils sont capables de faire des miracles. »
Donner naissance aux citoyens de demain, impliqués, engagés et généreux ? Ça commence dès le plus jeune âge !
Espace offert par Microsoft
Découvrez l’ensemble de ce dossier
Sondage
- Quelle action de la Croix-Rouge connaissez-vous le plus ?
- Urgence et secourisme
42% - Action médico-sociale
9% - Aide aux populations étrangères
35% - Appui au développement institutionnel
13%
- Urgence et secourisme


